[INTERVIEW] Sourface, des percussions faites à base de casseroles aux scènes anglaises et françaises, en passant par un festival hongrois. Rencontre avec le groupe franco-anglais « post genre »

Ils sont quatre, jeunes, venus d’un côté et de l’autre de la Manche. Il sont chanteurs, musiciens, performeurs. Ils jouent entre Londres et Paris, en passant parfois par des villes hongroises, parce que « pourquoi pas ? ».

Ils s’appellent Alex, Ludo, Matt et Tom, mais sont plus connus sous le nom de Sourface.

Sourface, c’est un groupe franco-anglais qui est voué à être un quatuor distinguable parmi tant d’autres. Parfois, la musique est blues ou rock ; d’autres fois, elle est plus tirée vers la bossa nova ou le jazz.

Fin février sortait le clip de Puis Tu Verras, tourné en Provence et réalisé par Clément Jurkew, alors que le temps le permettait encore. C’est un titre en français, qui commence sous forme de balade, mais qui très vite nous donne envie de danser sur une batterie qui peut faire penser à celle de King Krule (A Lizard State), et sur des airs de « tropical punk ».

Avec Sourface, nous nous sommes rencontrés au coin d’une rue, dans un café. On a parlé, beaucoup, et ris (énormément). À l’occasion de la sortie de ce nouveau clip qui dévoile ses musiciens au fur et à mesure, découvre à ton tour le groupe franco-anglais qui n’aime pas être définit par une étiquette et qui à son tour, se dévoile petit à petit.

INTERVIEW

Musicaléomentvotre : Bonjour !

Sourface, en choeur : BONJOUR !

M : Comment est-ce que vous allez ?

S : Super fatigués mais a part ça on va très bien.

M : Vous existez depuis 2018 ; mais pouvez-vous nous dire comment vous vous êtes rencontrés, comment le groupe est né ?

Alex : C’est une longue histoire très intéressante. On faisait tous partis de la même licence à l’University College London. J’ai rencontré Matthew dans la résidence étudiante, on est directement devenus meilleurs potes. Il connaissait Ludo car ils étaient au même lycée avant et on a commencé à faire de la musique ensemble, en créant un groupe de jazz. Puis on a fait un week-end d’intégration dans le nord de l’Angleterre et on a organisé un faux mariage entre un ami homosexuel et un ami drag queen, avec une cérémonie. J’étais habillé en none, Matthew en prêtre, et on a fait toute la cérémonie suivie d’un concert. Tom, qu’on ne connaissait pas est venu nous voir en nous disant « Eh, vous faites de la musique, ça tombe bien puisque je suis batteur ». De retour dans la résidence, on a sorti des énormes casseroles et des spatules pour construire une batterie de fortune. C’était notre premier concert, et depuis, on ne s’est jamais quittés. 

M : Vous avez commencé avec des casseroles, et maintenant vous faites des concerts entre Paris et Londres, c’est génial. Vous décrivez comment votre univers actuel ?

Ludo : On a un terme : tropical punk, depuis qu’une journaliste nous a décrit comme ça. 
Tom : Ce n’est pas de la punk des années 70/80’s, c’est plutôt de la post punk anglaise, totalement mélancolique. C’est une énergie funk et dansante plutôt qu’agressive pour la plupart du temps. 
Alex : On essaye de devenir le premier groupe « post genre » parce qu’on fait aussi du jazz fusion, du rock, du funk, de la bossa nova… Même au sein d’une même chanson. On n’aime pas les étiquettes : les gens écoutent du Sourface pour écouter du Sourface.
Tom : À chaque fois qu’on termine un concert certaines personnes viennent nous voir en disant « ça m’a rappelé ça, ou ça », mais je n’ai jamais entendu deux fois le même nom (à part Parcels et L’Impératrice).

M : Et quelles sont vos influences dans ce cas ?

Alex : Henri Salvador.
Ludo : Walter Wanderley.
Matt : The Elevens, Eric Satie, pour créer de la musique impressionniste.
Tom : J’aime beaucoup le blues traditionnel, mais j’ai beaucoup grandis avec la musique qu’on fait. Donc ma première influence ce serait vous trois.

M : Vos influences sont très variées, c’est beau. Vous avez sorti il y a quelques temps un premier EP Daytime’s Past. Est-ce que vous pouvez nous en parler un peu ?

Ludo : C’était nos toutes premières chansons, qui datent d’il y a à peu près deux ans.
Alex : C’était une sorte d’essai. On avait de la funk française et de l’indie rock anglaise. Tout le monde connait Sweet Dreams Suburbia, mais ce n’est plus ce qu’on fait aujourd’hui. Ce premier EP, c’était une porte d’entrée vers notre deuxième EP, éponyme.
Tom : Si musicalement ce n’est plus nous, on garde le côté thématique : ce désir d’échapper à une situation, la plupart du temps urbaine. 
Alex : C’est un rêve d’ailleurs, du soleil qu’on n’a pas à Londres notamment. *rires*

M : Comment vous faites pour composer votre musique en prenant en compte les deux thématiques importantes chez vous : l’émotion et l’évasion ; tout en faisant en sorte que chacun de vous apporte sa pierre à l’édifice ?

Tom : Jusqu’à maintenant Alex écrivait les chansons en français et Ludo celles en anglais et l’avantage est qu’ils ont des univers en commun. Tout part d’une mélodie à la guitare, et le reste on le fait tous ensemble, en répétition ou avec des casseroles *rires*. On a cette chance d’être un peu tous sur la même longueur d’onde et d’habiter relativement proches les uns des autres ; et quand quatre personnes passent du temps ensemble, on devient rapidement une seule et même personne. 
Alex : On a aussi et surtout pu faire beaucoup de musique ces derniers temps, surtout pendant les périodes de confinement ; ça ne s’arrêtait jamais. On s’entend super bien, on échange beaucoup, et c’est comme ça que s’écrivent nos chansons. 
Ludo : Nos voisins ont même déménagé. *rires*

M : Je ne sais pas si c’est parce que vous faites de la bonne musique ou pas….

Alex : Ce qui est sur c’est qu’on faisait beaucoup de bruit.
Tom : Surtout Alex ! Il ne fait pas les mêmes deux choses pendant trente minutes, non ! C’est pendant deux jours !
Ludo : Mais à la fin, ça nous donne des pépites. *rires*

M : En ce moment, vous êtes à fond dans les concerts, comme on l’a dit entre Paris et l’Angleterre… quel est votre public préféré ?

Tom : Matthew devrait répondre !
Matt : Malgré ma petite expérience je dirais la France, c’est une atmosphère différente. En Angleterre ça peut être vu comme une ambiance « bureaucratique ». 
Tom : Jusqu’ici on a joué seulement au Truskel à Paris, c’était complet et nous on était au top du top. Pour nous ça marche mieux en France : peut-être que les français sont plus ouverts, et comme Matthew l’a dit, il y a moins de stress.
Alex : Et puis il y a énormément de compétition en Angleterre, et ce même si on est en tête d’affiche. 
Ludo : À Londres il y a une pression qui est créée car il y a beaucoup, beaucoup de groupes qui viennent jouer. C’est difficile, mais ça motive aussi !

Sourface : On s’amuse bien à Paris.

M : À votre dernier concert d’ailleurs il y avait pas mal de personnes qui parlaient anglais. C’est des fans à vous qui sont venus, ou des gens qui ont entendu de la musique et qui se sont dit « pourquoi pas » ?

Ludo : Il y a des étudiants anglais qui sont sur Paris, mais aussi les franco-anglais de Paris…

M : C’est cool que vous avez deux cibles assez distinctes…

Tom : …Qu’on arrive à rassembler !
Alex : C’est ça qui est bien : culturellement et musicalement parlant, on est vraiment dans la diversité.

M : D’ailleurs, vous avez fait un festival à Budapest, n’est-ce pas ?

Matthew : Oh god yes ! *rires*

M : Est-ce qu’on peut en parler ?

Ludo : C’était le tout premier.
Matt : Après deux ans sans avoir fait un gros live, on s’est retrouvés devant plein de gens à Budapest, il faisait beau, la musique était bien, c’était un super moment. 
Tom : On s’est retrouvés au fin fond de nulle part en Hongrie *rires*. C’était deux ans avant la création de Sourface, mon coloc et ses potes organisaient un festival de 700 personnes et nous ont proposés de venir y jouer.
Alex : On a choqué tout le monde grâce à des cannettes de Beanz.
Tom : On a crée un culte, un Dieu, et sur scène on a éclaté la vieille basse d’Alex.
Ludo : Elle s’est retrouvée en plusieurs morceaux dans toute la Hongrie. *rires*
Alex : Et maintenant, le manche qui a été signé par tous les membres du groupe, se retrouve accroché dans un bar à Budapest. Alors si vous y allez…

M : C’est quand même fou cette histoire de festival. Et puis, pour vous avoir vu en concert, vous êtes des sacrés performeurs, de l’entrée sur scène jusqu’à la fin, ça devait être quelque-chose. 

Tom : Ah ça c’est sur !

M : Et, vous préférez la scène ou le studio ? C’est totalement différent comme état d’esprit...

Ludo : Au début j’aurais peut-être dit studio, mais en vrai à cause de la pandémie, peut-être la scène.
Alex : On a commencé le live en février 2020 et deux concerts après c’était le confinement, ce qui bien sur nous a permis d’avoir une super période studio pendant laquelle on a pu expérimenter beaucoup de choses, en étant tous ensemble.
Matt : D’ailleurs ils sont tous venus chez moi pendant un mois entier. On faisait tout le temps de la musique, les seules pauses qu’on prenait c’était pour regarder le foot (et manger). C’était une super expérience, qui nous a fait grandir.
Alex : On en a aussi profité pour construire notre propre studio…
Ludo : … Grâce à l’argent de l’erasmus ! *rires*

M : On arrête de parler du passé et maintenant on parle du futur. Alex, tu l’as mentionné, mais un deuxième album arrive. 

Ludo : On espère qu’il sortira bientôt ! On a un premier clip, celui de Puis tu verras qu’on a tourné en Provence et maintenant disponible, depuis le 25 février. Et un deuxième clip tourné à Londres arrivera ensuite. 
Alex : Et puis l’album ! Il y a pas mal de chansons qui attendent…
Ludo : C’est très ambitieux…
Alex : … Et il est presque prêt, on a même enregistré une version live. On attend la bonne date pour le sortir.

M : Et d’après tout ce qu’on vient de dire, je suppose qu’il sera assez différent de ce que vous avez fait jusqu’aujourd’hui?

Ludo : Le premier EP était l’introduction, et l’album sera un monde développé, plus théâtrale, qui mettra en musique toutes les émotions qu’on peut ressentir.
Alex : On veut que ça soit le meilleur possible, on y met le meilleur de nous même. 
Tom : On verra bien! *rires*

M : On verra bien ! On arrive maintenant à la fin de l’interview, mais je suppose que vous avez d’autres concerts de prévus pour cette année ? 

Ludo : À Londres, à Paris…
Tom : On ne s’arrête pas !
Alex : On aimerait faire beaucoup choses dans les mois à venir.

M : On ne peut donc vous souhaiter que des belles choses, du live et des performances!

Tom : Ah tu nous as vu, à toi de nous dire si on le mérite !

M : Oh je pense que c’est pas mal hein *rires*.

Sourface : Ça vaaaaa !

M : J’ai l’habitude de laisser le mot de la fin aux artistes…

Sourface : Notre prochain EP sortira le 1er avril (et ce n’est pas une blague)

Merci à Sourface pour leur musique, leur temps et leur bonne humeur communicative. Le groupe continue de se produire entre Londres et Paris en ayant un seul but : être le premier groupe post-genre. Et c’est bien parti.

[ALBUM] La Malka Family nous invite à kiffer la teuf avec son nouvel album, « SuperLune »

Les maîtres du funk français sont bel et bien de retour, avec un nouvel album ainsi qu’une première date parisienne ; et on ne les présente plus.

Ils font danser le monde entier depuis la toute fin des 80’s, accompagnés par leur P-Funk cosmique à la manière de George Clinton. Malka Family vient de sortir quatorze nouveaux titres au sein de SuperLune, un disque qui met du baume au coeur.

Si Malka Family a commencé à diffuser sa musique synonyme d’anti-dépresseur et à l’énergie communicative lors de grosses teufs organisées à une époque antérieure, notamment avec DJ Dee Nasty « Grandmaster » de la Zulu Nation, les quelques douze membres du groupe sont loin d’être prêts à passer le flambeau.

Dans ce nouvel opus, le groupe nous invite à kiffer encore plus la teuf et la funk. Vêtus de paillettes et de frous-frous jusqu’au bout des pieds, Malka Family cite : « Notre musique communique de l’amour ; notre force, c’est de rire pour combattre la tristesse de la planète » ; et c’est un challenge réussi haut la main.

Alors que le monde se reconfine petit à petit et qu’il est désormais interdit de danser jusqu’à l’aube, la Family nous fait cependant garder le sourire grâce à des riffs endiablés, des rythmes décalqués, un son chaud et un funk venu d’une autre dimension, probablement aux mille couleurs.

La Malka Family était de retour en physique et en digital ce vendredi 10 décembre avec SuperLune, mais également sur le devant de la scène le lendemain, en venant performer pendant près de deux heures à L’Elysée Montmartre.

Et quel SuperConcert !

Jeunes et plus âgés ce sont donnés rendez-vous ce samedi 11 décembre, rappelant alors que non, le funk n’est pas mort, et qu’il continue de se transmettre de générations en générations.

SuperLune est disponible sur toutes les plateformes, et à (re)découvrir sans plus attendre.

[ALBUM] Sourface, ou les frenchy parmi les anglais

Ludo, Alex, Max et Tom sont franco-anglais et ils viennent de sortir un EP. Leur groupe s’appelle Sourface, et bien qu’ils soient actuellement basés à Londres, les cinq titres qui figurent dans Daytime’s Past mélangent des influences de funk français, d’indie rock anglaise et de bossa nova brésilienne.

Ce premier EP est une introduction à leur univers musical et au monde imaginaire qu’il en dépeint, et l’occasion parfaite pour nous montrer comment est-ce qu’ils réussissent avec bravoure à mélanger les goûts et les couleurs de chacun des membres du groupe.

Les titres sonnent parfois comme ceux de Papooz, des Vampire Weekend ou encore des français de l’Impératrice, pour le plaisir de nos oreilles. Daytime’s Past, c’est un disque à la fois solaire et nostalgique, qui parlent de quêtes amoureuses ou de malaise assumé face à des rêves fantasmagoriques. Ces cinq titres parlent à tout le monde, et c’est pour ça que cet opus est si bien.

[SINGLE] Xolot Corp et l’art de groover

Ils sont cinq, jeunes, ultra-énergiques et voyagent entre le groove et le funk, qu’ils ont dans la peau.
Ils sont passés au Ricard Live Music, ont joué à l’Alimentation Générale, sur La Péniche Marcounet, vont jouer au Festival La Barcelle. Et ils ont même enregistré au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse.

Ce quintette a tout juste un an, et peut déjà se permettre de voir loin… o u a h.

Ils s’appellent Arlet, Gauthier, Ewen, Paul et Paul et ensemble, ils représentent Xolot Corp, une nouvelle formation de groove / funk !
Ce groupe s’inspire de grands artistes du jazz / funk tels que Herbie Hancock, ou encore Steve Coleman afin de créer son propre univers.

C’est un mélange de jazz fusion, de funk et parfois de free jazz ou d’improvisation qui n’hésite pas à divaguer vers tel ou tel chemin, sans jamais utiliser la carte de la « limite » dans leurs créations.

Work in Progress est un titre qui te fera probablement plus te dandiner qu’Allumision qui lui, est un titre plus rock’n’roll. Le premier titre, Sens Fiction et disponible sur SoundCloud, est quant à lui touche à tout et montre dès le départ le panel de Xolot Corp.

En résumé, Xolot Corp c’est une bande de copains talentueux qui n’ont qu’une envie : partager leur amour pour la musique, les sensations qu’elle libère et évidemment, leur énergie positive.

LE 6 JUILLET  AU FESTIVAL LA BARCELLE ⤑ Lieu-Dit la Barcelle, 89000 PERRIGNY