[INTERVIEW] Navy et la vie d’artiste

Navy alterne entre rap très actuel et refrains chantés, plus touchants. Ses textes et l’ambiance touchent l’introspection, décrivant avec sensibilité ses doutes d’artistes émergents.
Son EP TRACE est sorti le 8 novembre et démontre une musicalité très large, entre trap, old school et instruments organiques. De passage à Paris pour un premier concert la veille de la sortie de l’EP, j’ai pu rencontrer Navy, qui est venu me parler de lui, ainsi que son besoin de changement et d’évolution.


MUSICALÉOMENTVOTRE : Peux-tu te présenter à nous ? Comment la musique est arrivée dans ta vie ?

NAVY : J’ai lancé mon projet solo, qui prend une grosse partie de ma vie, sinon je suis serveur pour faire un peu de sous.
J’ai commencé à faire de la musique à 7/8 ans au conservatoire en faisant du jazz, donc saxophone et piano et j’ai découvert le rap par la suite.
J’ai lancé un duo, qui après est devenu un trio… et maintenant je suis tout seul.

M : Comment tu es tombé dans le rap, alors ? Qu’est-ce qui t’attire ?

N : Ça a commencé avec Diam’s *rire*, puis la Section D’assaut qui était ma génération, 1995, et l’Entourage que j’ai beaucoup suivi, et encore maintenant. Je pense que j’ai vraiment grandi dans le rap avec eux quoi.
C’était ma génération, ça me parlait beaucoup. Puis j’ai découvert le rap américain avec des classiques. Maintenant mes influences tournent beaucoup autour de Kendrick Lamar, J-Cole, Anderson Paak., etc…

M : Est-ce que tu peux nous en parler un peu, de ce duo et de ce trio ?

N : Je ne voulais pas commencer le rap tout seul, alors j’ai demandé à mes potes si certains étaient partants pour faire quelque-chose. Y’en a UN qui était chaud et on a commencé à chercher quelqu’un qui faisait des prods. Je suis tombé sur Art beat qui avait déjà un EP. Je l’ai contacté, on a commencé à faire de la musique ensemble pour se faire plaisir. Il faisait aussi du jazz donc musicalement, on s’entendait bien.
Après j’ai voulu gouter à la trap, ce qui nous a fait rencontrer une troisième personne, Rami avec qui le duo s’est transformé en trio. On est devenu MayDay.
On a bossé 2 ans ensemble en ayant plus d’ambition mais sans rien faire de sérieux. Donc je me suis dis que si je voulais vivre de la musique, il fallait que je fasse un truc sérieux. Et pour ça, y’a rien de mieux que de faire un projet perso.
J’ai commencé à travailler chez moi et je me suis dis : il me faut quelqu’un pour re-bosser sur les prods. J’ai recontacté Art beat, et trois mois après, on a commencé à faire Mental de Fer ensemble. On a enchainé sur le projet et… voilà.

M : Ça s’est passé rapidement alors, l’arrivée du projet ?

N : C’est allé hyper vite ! Je l’ai contacté en juillet 2017, on a bossé le projet jusqu’en septembre. Moi je partais en décembre en voyage. Tout s’est fait en 3 mois et on partait à Berlin pour clôturer le tout. Donc ouais, c’était assez rapide.

M : Dans ce cas, comment tu pourrais décrire ta musique ?

N : Je pense que j’aime bien tout ce qui est acoustique, et ça me parle parce que je viens de ça finalement. Après j’aime bcp de choses mais ce qui me correspond le plus c’est… ne pas être trop autotuné. Ce serait quelque-chose qui sonne plus à l’ancienne, acoustique, plus simple et plus sincère aussi. J’aime la sincérité dans la musique.

M : Tu as sorti ton EP le 8 novembre, en faisant un premier concert à Paris la veille. Apparemment ça s’est bien passé ?

N : Incroyable. Premier concert solo, c’était super chouette, y’avait une super ambiance. J’ouvrais la soirée, c’était pas du tout mon public, à part quelques amis. L’enjeu du coup c’était de réussir à tenir les gens… mais ce que j’ai ressenti c’est qu’ils étaient intrigués. Ils sont restés jusqu’au bout, ils ont joué le jeu, c’était super.

M : Si on revient à l’EP, pourquoi s’appelle-t-il TRACE ?

N : C’est mon meilleur ami qui a trouvé ça en étant au Mexique. J’avais l’idée du message à faire passer mais je n’avais pas le nom. Au final ça colle bien car TRACE, ça allait dans l’élan du projet et le fait de laisser sa trace.

M : Justement, tu dis que tu veux laisser une trace. Est-ce que tu peux parler un petit peu de l’EP et de comment tu aimerais que le public se souvienne de toi ?

N : L’EP parle beaucoup du fait que c’est important de compter sur soi-même avant de compter sur les autres. Tout part de toi, et c’est un message très positif d’ailleurs. Je parle aussi de la réalité moins positive, mais ce que j’ai envie de faire passer c’est que tout est possible, alors on le fait.

M : Selon toi, en tant qu’artiste et avec tout plein de contraintes, comment rester libre de faire ce que tu fais, sans être trop confronté à l’extérieur ?

N : T’es forcément confronté à l’extérieur en faisant de la musique.
Mais après je bosse avec quelqu’un qui me correspond musicalement, et ça permet de bien avancer. Si j’étais tout seul, je pense que je me remettrais beaucoup plus en question. On est deux et on sait où on va. On fait ce qu’on aime, on veut que ça marche donc on prend en compte certains codes mais, si moi je fais ça actuellement c’est parce que j’aime ça, sinon je ne le ferais pas.
C’est là où est la liberté.

M : La liberté à travers la musique. C’est un échappatoire un peu pour toi ?

N : Je pense ouais. Et c’est un idéal aussi. J’aimerais faire que ça de ma vie.

M : Tu parles aussi beaucoup du temps qui passe dans tes titres. Tu l’appréhendes comment, l’avenir ?

N : L’avenir ne me fait pas peur car je suis très déterminé et ambitieux même si il commence tout juste à se passer beaucoup de choses mais… si ça me faisait peur c’est que d’un côté je ne serais pas sur de ce que je veux faire. C’est une question de temps.
Je suis vachement dans le présent. C’est maintenant que tout se passe. Le temps, je n’ai plus envie d’en perdre.
Je suis très frustré par le temps qui passe, et très nostalgique du passé. J’essaye d’être dans le présent pour ne pas avoir de regrets.
Dans mon idéal, j’aimerais pouvoir vivre de la musique. Dans quelques années je me vois à Lyon, en train de faire des connections artistiques et culturelles… j’aimerais pourquoi pas créer quelque chose qui permette aux artistes de développer leurs projets.

M : Tu pourrais citer des évènements qui t’ont poussé à devenir ce que tu es aujourd’hui, qui t’ont peut-être bouleversé ?

N : Y’a pas énormément de choses qui bouleversent ma vie. Ça reste très subjectif d’après moi. Mais le fait que ma mère m’ai poussé à aller au conservatoire, les différents projets que j’ai eu et les rencontres que j’ai faite m’ont fait avancer, et encore aujourd’hui ! Alors je pense que c’est plus des rencontres qui m’ont marqué.

M : Tu as sorti le clip de Cette vie là. Est-ce que tu peux nous en parler un peu ?

N : Avec Marty qui me suit sur les clips, c’était incroyable. On était en voyage pour faire un clip, ce qui est super mais qui fait aussi un peu peur. On ne voulait pas faire quelque chose de classique. Ça devait être sincère.
Le voyage a fait que j’ai rencontré un couple et qui devait partir le 28 mars à Bogota. Moi j’arrivais le 27, on s’est tous rencontrés, et on a passé 3 semaines ensemble. Justement pour le clip, ça collait bien avec l’idée du lifestyle. C’était parfait.
Puis, c’est un titre qui peut parler à tout le monde, hier soir on le chantait tous et c’était super.

M : Est-ce que c’est bon la vie d’artiste ?

N : Pour moi, la vie d’artiste c’est la période que je vis depuis 2/3 semaines.
J’ai rencontré des rappeurs, des gens qui travaillent dans la musique, j’ai fais des connections. La vie d’artiste c’est pas que de la création, c’est aussi tout ce qu’il y a derrière. C’est ça qui me fait kiffer. C’est aussi ça qui est inspirant en tant qu’artiste.
Alors oui, c’est bon la vie d’artiste.

M : Est-ce que la musique c’était mieux avant ?

N :  *rire* c’est délicat. Je ne pense pas qu’il y ai de mieux. Après, je pense que la sincérité était plus présente dans la musique avant. Maintenant y’a tellement de nouveaux styles et de dérivés. C’est en fonction de toi.


Navy m’a également confié que le titre qui pourrait rythmer le reste de sa vie, ce serait Cette vie là. Idéalement, il aimerait faire une collaboration avec Alpha Wann ou Jean Dujardin. Qu’est-ce que c’est trop bon, la vie d’artiste.

Capture d’écran 2019-11-11 à 12.12.34

 

En collaboration avec Loom
En concert le 13/11 au Chromatique ⤑ 51, rue Jean Michel, 69007 Lyon 

Un petit commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :