[INTERVIEW] La Rue de la Folie, l’importance du partage et de la poésie : le premier EP de Nicolas Ly

Il mélange l’ombre et la lumière, de la pop et de la poésie, la mélancolie et l’espoir. Alors que son EP Rue de la Folie n’était qu’à quelques semaines de sortir, nous nous sommes rencontrés, Nicolas Ly et moi-même à une terrasse de République. Ensemble, on a parlé de musique évidemment, de l’importance du partage et du contact, de ses chansons et de ses clips réalisés par Élisa Baudoin, avec qui la connexion s’est faite immédiatement.

Rencontre avec Nicolas Ly et son premier projet solo.


Musicaléomentvotre : Salut Nicolas, comment tu vas ?

Nicolas Ly : Hello! Ça va très bien, super même.

M : Est-ce que tu pourrais te présenter pour les personnes qui ne te connaissent pas encore ?

N.L : Je m’appelle Nicolas Ly, je suis auteur, compositeur, interprète et j’ai écrit un journal intime que j’ai eu envie de partager.

M : Et, qu’est-ce qui t’a donné envie de faire de la musique, de rendre ce « journal intime » public ?

N.L : C’est difficile de répondre parce que c’est très viscéral. C’est un peu notre condition d’artiste de se lever le matin et de communiquer des choses qui nous tiennent à cœur, qu’on ne peut pas trop dire autrement que par l’art en fait. C’est vraiment ça qui me pousse : une envie de connecter, déjà avec moi-même, pour ensuite connecter avec les autres.

M : Peut-on dire que la musique est pour toi une sorte d’échappatoire ?

N.L : Complètement, dans le sens où dans mon écriture j’essaye de me créer un monde à moi avec ses propres règles, c’est-à-dire : il n’y a aucune règle.

M : Si on revient un peu sur ton parcours, avant d’avoir une carrière solo tu faisais partie d’un groupe, Applause. Est-ce que tu peux nous en parler un petit peu ?

N.L : Applause c’est une expérience hyper intense, où je sortais d’une période très solitaire aux Beaux-Arts, en sculpture, où on est vraiment seul avec soi-même… et j’en souffrais un petit peu. J’ai rencontré des super musiciens belges, par l’intermédiaire d’un pote qui savait que je voulais chanter sans que je ne lui dise. Il m’a dit « vient à ce concert, il y a des super musiciens et ils cherchent un chanteur ». Donc j’y suis allé, c’était les musiciens d’Applause, avec un autre chanteur, ancien des Nonnes Troppo, un groupe des 90’s complètement barré. Ce qu’ils faisaient avec lui, c’était juste sublime. Je suis allé les voir après le concert et une semaine plus tard on partait sur les routes, ça a matché directement, tout était à sa place, on voulait tous ça. On a écrit, on est partis et la motivation c’était ça : partager et connecter.

M : Tu es resté huit ans dans ce groupe, pas loin d’une décennie. Qu’est-ce qui t’a poussé à te lancer en solo et à changer de registre, jusqu’à ne chanter presque plus qu’en français ?

N.L : C’est cette nécessité de s’exprimer. J’avais encore quelque-chose qui me bloquait dans le fonctionnement du groupe. C’était génial, mais il me manquait cette note d’intimité. J’avais beaucoup d’ambitions musicales pour me laisser emporter plus longtemps dans des tournées, ce qui est génial et intense, mais qui bloque un peu la créativité. Au bout d’un moment il faut se poser pour écrire et pour s’exprimer. Le groupe, c’était des gens vraiment bienveillants qui ont compris tout de suite que je devais explorer quelque-chose solo. J’écrivais de mon côté avant et pendant Applause, j’ai fait les premières parties de Spleen qui à l’époque m’a soutenu… jusqu’au grand saut en 2014 où j’étais avec moi-même. On écrit et on avance.

M : Justement en parlant de ton écriture, comment trouves-tu ton inspiration ?

N.L : Ce sont les gens qui m’inspirent en fait. Là, on est dans un café et j’ai d’ailleurs écris pas mal de chansons ici, en regardant les gens et en imaginant leurs vies. C’est très voyeur comme démarche, je suis fasciné par les sentiments et les relations humaines, la magie d’une rencontre amoureuse, le rêve que ça peut convoquer, ces petits moments de vie que j’ai envie de figer. Tout ça m’inspire et j’imagine des choses qui parfois tombent juste, puisque ça résonne dans ceux qui écoutent. C’est là qu’on est bien.
À ça, je garde toujours une note métaphorique car je n’aime pas être dans l’expérience au premier degré, ce qui fait partie de mon caractère réservé. J’aime bien parler des choses sans vraiment en parler, et c’est comme ça pour moi qu’elles deviennent assez universelles. Tu rajoutes à ça une mélodie, une ambiance à des mots, des sons particuliers et des images. C’est vraiment quelque-chose de passionnant et ça ouvre à l’introspection. J’essaye aussi de garder mon côté festif et positif pour mélanger une sorte de mélancolie de l’observation du monde autour de moi, avec cette recherche de la lumière.

M : Tu disais à un moment « rajouter une ambiance, des mots, une image ». À l’heure où nous discutons, tu as déjà sorti trois clips réalisés par Élisa Baudoin : Troisième Sous Sol, Elle Souriait et Rue de la Folie. Tu peux nous parler de cette collaboration ?

N.L : C’est vraiment le résultat d’une rencontre avec Élisa et Loumir, son copain qui s’occupe aussi de mon projet au niveau de l’édition et qui avait organisé le dernier concert d’Applause, en 2016. C’est deux têtes pensantes qui sont arrivées dans mon projet et qui maintenant sont indissociables de ce que je fais, dans le sens où tout est résultat d’affinités. Avec Élisa j’ai tout de suite compris qu’on avait la même vision qui dealait vachement avec le surréalisme, tout en apportant une note un peu urbaine, contemporaine. Ce que j’aime chez elle c’est que, comme mes textes sont un peu imagés, elle ne cherche pas à illustrer ça et parfois elle va même aller à leur encontre, comme dans Troisième sous-sol : je dis « je murmure à ton oreille » et là, elle filme un mec qui gueule. Pour moi là, l’association est super intéressante. Les choses ne vont pas se présenter de manière évidente, c’est un esprit sans aucune barrière ni morale, sans se dire qu’il y a une continuité, un raccord lieu-temps. Là, on expose tout en partant de ces textes et on trouve le moyen d’incarner ce que je suis, la persona soit le Nicolas qui est aussi ma création. On essaye tous ensemble de proposer quelque-chose de nouveau, d’incarné et de surréel. Avec Élisa, plus on avance et moins on a besoin de parler : tout ce qu’elle propose raisonne. C’est une rencontre géniale qui n’est pas donnée à tous les artistes, et ça se chérie. C’est sacré.
Loumir quant à lui m’a vu sur scène, et quand il a su que je me lançais dans mon projet, on a commencé à faire des promos ensemble, je lui envoyais quelques textes. Puis au bout d’un moment je lui ai dit « mais tu es mon manager » ; c’était parti pour l’aventure. J’aime savoir que j’ai trouvé des gens qui sont vraiment bienveillants par rapport à ma vision et qui m’aident à mettre du charbon dans la locomotive. Le résultat final est quelque-chose de très collectif ; ça part de quelque-chose d’intime pour arriver à un truc plus universel.

M : À l’heure où nous discutons, ton EP n’est pas encore sorti, mais tu as déjà dévoilé la pochette de ce dernier. À ce moment-là, tu décrivais cette pochette en disant « je puise souvent mon inspiration dans des choses sombres pour les retranscrire en lumière et poésie ». Qu’est-ce que cette pochette représente ?

N.L : Cette pochette est encore un hasard : on a shooté chez moi avec Élisa, vêtu de ce manteau en vinyle. On a trouvé ça assez graphique puis elle m’a renvoyé cette photo de moi, en négatif avec une ombre derrière. Il se trouve que ça correspondait vraiment à mon intention par rapport à mes chansons : partir de quelque-chose de très profond personnellement pour en faire quelque-chose d’intime grâce aux mélodies plus solaires. L’image correspondait parfaitement à mon intention, celle de créer une pop introspective. La pop Nicolas Ly.

M : En ce 21 mai 2021, ton EP Rue de la Folie sort dans un peu moins d’un mois. Comment tu te sens, là ?

N.L : Je me sens fébrile, j’ai envie que ça marche, que cet EP tombe dans des oreilles bienveillantes, que les retours ne soient pas tièdes. C’est une libération d’avoir enfin un objet qui recèle mon âme. Ce n’est pas rien, c’est particulier voire indescriptible. J’ai mis 2-3 ans de ma vie dans ce projet, après avoir écrit une centaine de chansons, on en a gardé assez peu pour cet EP qui sort le 17 juin. Il y en aura d’autres pour l’album et j’ai hâte aussi ! L’EP c’est génial mais l’album qui arrive derrière… c’est encore plus spécial. Là, je livre une boîte avec mon âme dedans et vous en faites ce que vous voulez. C’est hyper excitant.

M : En attendant de pouvoir se le procurer, tu peux nous dire ce qu’on retrouvera dans cet EP ?

N.L : Il y aura un clip le jour de la sortie, avec un décor dingue. Et même si ça sort dans moins d’un mois, il y a toujours du travail dessus. J’aime bien quand c’est comme ça parce que ça reste vraiment très neuf, chaud comme la braise.

M : J’ai hâte ! D’ailleurs, en pleine crise du COVID, tu sors ce disque et il va tout de même falloir le vendre grâce à la scène alors, comment est-ce que tu appréhendes tout ça ?

N.L : Je pense que je vais sortir mon EP et que les choses vont doucement revenir, même si ça va être très lent. Les gens vont revenir doucement vers le fait de s’enfermer dans une pièce avec une foule. On vit quelque-chose d’un peu biblique, c’est dingue. La vie ne sera jamais la même, on s’en relèvera doucement et je compte bien être là pour cette résilience festive. Ça va être très beau parce que pour le coup, je pense que chaque concert va devenir un peu exceptionnel maintenant.

M : En tout cas moi j’ai vraiment hâte de te voir sur scène…

N.L : Et moi très hâte de te voir dans le public ! *rires*

M : Je serais bien présente ! J’en profite pour te laisser conclure cette interview avec le mot de la fin, avant d’aller écouter ton EP qui est disponible depuis le 17 juin.

Nicolas Ly : partageons.

Merci à Nicolas Ly pour son temps, sa bienveillance et pour sa musique si sincère qu’il nous partage.

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